La Grande effusion

Come on babies !

Zapzalap claque sa guitare sous son aisselle, pousse les potards et gobe des demi-sucres hallucinogènes.
C’est download : Sexe, drogue, rock’n’roll et révolution.

Ah, les années 60 ! Une histoire mille fois entendue, mille fois enterrée.
Et pourtant. Les trente Glorieuses n’auront jamais duré qu’une décennie.
Disons 63-73. Avant c’est la zone, les décombres et le travail d’esclave dans les mines et les usines pour « reconstruire » la France. Après, c’est la « Crise », le chômage de masse et les managers. Ces dix années-là, les politicards d’aujourd’hui veulent y revenir. Le plein emploi et l’abondance marchande en horizon. Sauf que ces années 60, la jeunesse n’en voulait pas. Aux quatre coins du monde, elle a préféré exploser en route plutôt que de suivre la vie consciencieuse qu’on leur préparait. Une vie triste, conditionnée et cadencée par le métro, le boulot et les congés. Toutes les promesses du progrès étaient enfin là. Mais non. Il y avait ces trips au LSD, ce tourne-disque crachant du Soft Machine, ce mec, cette fille, et leurs révoltes. Joyeuses, foutraques, débordantes, qui eurent leur gloire au mitan de 68 avant de se dessécher, de n’être plus que la caricature d’elles-mêmes et de s’enfermer dans des chapelles militantes : gauchisme, écologisme, féminisme, anti-impérialisme, lutte-armisme et même « situationnisme ». Au fur et à mesure, les chapelles se font mouvements sociaux, assos d’utilité publique, partenaires sociaux, ONG, et enfin lobbies pour intégrer la place du contre-expert de la technostructure.

Coté rock : idem. Ce qu’on a appelé par la suite « psychédélisme » ou « rock garage » a fait place depuis au hard, heavy, progressif et autre métal. A partir de 1970, les stars de l’époque se cachent derrière leur dernière trouvaille technique. La réverbération, la saturation de leurs guitares tuent le rock. C’est la fuite en avant : on monte le volume et on accélère sans fin, on déforme le son des grattes pour cacher le fait qu’on ait plus rien à dire, plus rien à proposer. La violence n’est plus que pastiche.

C’est contre tous ces fonctionnaires de la vie sensible, petit personnel politique spécialisé dans la vie des autres, pop-star sur le déclin, rentiers de leurs jeunes années, que Zapzalap a réuni en quatre émissions la fureur d’un rock psychédélique hurlé à repousser les murs du quotidien. Nous y trouvons la joie qui fait défaut aux rengaines des popstars cellophanées et les prémices de tout ce que la musique rock a fait depuis, quand elle ne profitait pas de l’absence de futur jusqu’à en faire du fric.

La Grande effusion, c’est quatre émissions d’une histoire psychédélique des années 60. On commence par quelques morceaux typiques de cette jeunesse qui a d’abord envie de faire la fête. De faire un beau doigt d’honneur à ses vieux et à son patron. Trouble every day !

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